Déclaration d’Alain Olive, secrétaire général Pouvoir d’achat : le pari risqué du Président de la République
Dans son allocution télévisée, Nicolas Sarkozy s’est livré à un exercice impossible : démontrer aux salariés que l’on pouvait augmenter leur pouvoir d’achat sans augmenter leurs salaires.
L’UNSA n’a pas été convaincue par l’argumentation présidentielle qui se fonde sur des mesures disparates dont on peut douter de l’efficacité ; qu’il s’agisse du déblocage de la participation, de la monétisation des RTT ou du travail du dimanche par exemple.
Et que dire de cette volonté de sortir définitivement des 35 heures - qui ne pourra s’effectuer que par un accord majoritaire d’entreprise, donc très difficilement - qui a des relents de règlement de compte idéologique.
Cette intervention brille surtout par les omissions qu’elle recèle : rien sur la prime pour l’emploi qui va aux salariés les plus modestes, rien sur les minima sociaux, rien sur les salaires et notamment ceux de la fonction publique qui dépendent directement de l’Etat.
La vraie attente qui se manifeste sur le pouvoir d’achat reste toujours intacte.
Sur la question du pouvoir d’achat, Nicolas Sarkozy fait un pari risqué. Pour lui, seul le retour de la croissance est susceptible d’améliorer le pouvoir d’achat ; et il se refuse donc à favoriser le pouvoir d’achat, ce qui permettrait d’améliorer la croissance.
Mais que se passera-t-il si cette croissance tarde à se manifester ?
Dans un environnement international dominé par la crise financière, l’appréciation forte de l’euro et l’augmentation démesurée du prix du pétrole, rien ne dit qu’une croissance supérieure à 2% du PIB sera au rendez-vous, sans mesures incitatives.
Pour l’UNSA, il est dangereux de spéculer indéfiniment sur la patience des salariés. Plus que jamais l’augmentation des salaires directs est posée, qu’il s’agisse du secteur privé ou de la fonction publique.
Cela doit constituer un axe revendicatif majeur pour les semaines à venir. Le 30 novembre 2007
Encore un petit pas vers l’égalité professionnelle Communiqué du 27 novembre 2007
L’UNSA approuve les pistes proposées par le gouvernement lors de la conférence sur l’égalité professionnelle qui s’est tenue le 26 novembre. L’arsenal juridique existe. Il s’est construit depuis 1972 ; pourtant peu le connaissent et les textes ne sont pas appliqués.
En 2006, l’UNSA avait regretté que les nouvelles dispositions en faveur de l’égalité professionnelle ne soient pas assorties de sanctions financières. En 2010, une nouvelle loi rétablira ce manquement. Désormais, la négociation sur l’égalité devra passer par l’obligation de résultat. L’UNSA propose notamment que les allègements de charges soient conditionnés à la conclusion d’accord sur ce sujet.
Cependant l’UNSA rappelle que l’égalité passe aussi par des changements de politique et de mentalité sur les modes de garde des enfants. Pour un meilleur accès à « la formation tout au long de la vie », des systèmes de garde des enfants pour les femmes qui s’absentent pour suivre des formations même loin de leur domicile doivent être négociés dans les entreprises.
Enfin, l’UNSA rappelle que le temps partiel subi est une source d’inégalité et de pauvreté dont les femmes sont les principales victimes. La proposition d’une table ronde sur ce sujet devra rapidement déboucher sur des propositions concrètes.