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Lundi 14 Janvier 2008

Les salaires individualisés au mérite: un facteur de détérioration du climat social. Une analyse des audits menés par SRM Consulting (Hubert Landier)

 

Il y a loin de la théorie à la pratique en matière d'augmentations de salaires individualisées, selon les enquêtes de climat social réalisées par SRM Consulting. Les augmentations de salaires individualisées selon le mérite font partie des méthodes de management aujourd'hui les plus répandues dans les entreprises. Elles sont supposées récompenser les efforts, les résultats, être réparties selon des critères aussi objectifs que possible et être clairement expliquées à chacun. Leur but serait de stimuler l'ardeur des salariés ou de "les motiver".

SRM Consulting montre que les choses ne se passent pas toujours comme l'imaginent les théoriciens de la méthode et que, loin d'encourager les meilleurs, les augmentations de salaires individualisées au mérite suscitent fréquemment de violents mécontentements, au point parfois de constituer l'une des causes majeures de détérioration du climat social.

C'est ce que révèlent les propos tenus par les personnes interrogées, sous couvert de confidentialité, à l'occasion d'une vingtaine d'audits de climat social réalisées dans de grandes entreprises de différents secteurs d'activité (industrie, commerce et services) et qui ont fait l'objet d'un rapport de synthèse rédigé par Hubert Landier, que L'AEF publie.

LES RAISONS DU MÉCONTENTEMENT

Parmi les raisons de mécontentement, on note en particulier:
- l'absence d'explications sur les raisons ayant motivé les mesures individuelles au bénéfice de certains seulement;
- l'absence de critère objectif clairement connu, ceci débouchant sur un sentiment d'arbitraire, voire de favoritisme;
- le sentiment que les décisions sont finalement prises, non par l'encadrement de proximité, mais par des décideurs éloignés des réalités du terrain;
- l'existence de dérives, le "mérite" se confondant avec l'ancienneté ou faisant l'objet d'un "saupoudrage";
- les changements trop fréquents dans les critères d'attribution ou le montant jugé parfois ridiculement faible des mesures individuelles annoncées.

Au total, loin de stimuler les efforts et de récompenser des meilleurs, le salaire au mérite a souvent pour conséquence de susciter un sentiment d'injustice ou d'arbitraire et de créer la zizanie au sein de l'équipe de travail.

La teneur des propos recueillis invite les directions d'entreprise à la plus extrême prudence dans la mise en oeuvre des augmentations de salaires au mérite. Une application mal maîtrisée de la méthode est en effet susceptible de déboucher sur une détérioration grave du climat social et de réduire l'efficacité collective.

Animée par Hubert Landier, Bernard Merck et Pierre-Éric Sutter, SRM Consulting est une société de conseil spécialisée dans la réalisation d'audits de climat social. Les résultats son issus d'une vingtaine d'enquêtes qualitatives récentes et ont fait l'objet d'une validation avec référentiel m@rs (Mesure et analyse du risque social), mis au point et commercialisé par SRM Consulting.

 

 

 

 

 

publié par unsa-sapn dans: actualités
Lundi 14 Janvier 2008

L’Huma Société - Article paru le 10 janvier 2008

 

jeunes correspondants

 

Franchises médicales : les plus pauvres paieront la note !Nancy (Meurthe-et-Moselle).

 

Depuis quelques jours, les franchises médicales sont entrées en vigueur. Chacun d’entre nous est donc tenu de payer 0,50 euro par boîte de médicaments, par acte paramédical et 2 euros par trajet en ambulance. Le tout dans la limite de 50 euros par an.

 

Se faisant, le gouvernement Sarkozy avoue qu’une fois de plus il a menti aux Français. La promesse du candidat était simple : baisser les impôts. Or, que sont ces franchises médicales si ce n’est un nouvel impôt de plus qui ne dit pas son nom ? Pire - ou mieux, selon le point de vue -, cet impôt est des plus injustes puisqu’il touche non pas une catégorie socio-économique ou professionnelle mais des personnes appartenant à toutes ces catégories et sans distinction entre elles. La seule chose qui détermine si l’on doit ou non s’acquitter de ce nouvel impôt est le fait d’être malade ou non.

 

La démarche est d’autant plus scélérate qu’elle contribue à culpabiliser les malades qui n’en ont vraiment pas besoin. Et, au final, elle ne devrait rapporter que 850 millions d’euros destinés à financer non pas la Sécurité sociale mais la lutte contre la maladie d’Alzheimer. Encore une fois, les plus pauvres, qui sont bien souvent aussi les plus malades, subiront de plein fouet les effets de cette mesure.

 

Au-delà, ces franchises médicales vont à l’encontre de l’esprit social et solidaire de l’assurance maladie. Créée en 1945, son principe est simple : actifs et patrons payent par leurs cotisations respectives les dépenses de santé que les assurés peuvent avoir à effectuer. Un principe sévèrement écorné ces dernières années. Aujourd’hui, sa remise en cause est générale. Et en premier lieu par les milliards d’euros d’exonération de charges patronales qu’accorde le gouvernement chaque année. En 2006, le manque à gagner pour la Sécu s’est chiffré à 21 milliards d’euros ! Soit bien plus que le fameux « trou de la Sécu » qui n’existerait pas si le gouvernement réclamait son dû.

 

En fait, les franchises médicales rapprochent, encore un peu plus, le système français du système américain. Le premier projet du gouvernement comprenait d’ailleurs une franchise incompressible et universelle de 100 euros ou plus. Chaque Français aurait dû s’acquitter de cette somme, même s’il n’avait bénéficié d’aucun soin dans l’année concernée ! Ce projet aurait irrémédiablement conduit à la remise en cause de l’affiliation obligatoire à la Sécurité sociale et laissé libre cours aux assurances privées souhaitant assurer ces nouveaux clients potentiels. On y a échappé de peu. Jusqu’à quand ?

 

Bruno Dastillung

 

publié par unsa-sapn dans: actualités
Lundi 14 Janvier 2008

L’Huma Société - Article paru le 10 janvier 2008

 

jeunes correspondants

 

Franchises médicales : les plus pauvres paieront la note !Nancy (Meurthe-et-Moselle).

 

Depuis quelques jours, les franchises médicales sont entrées en vigueur. Chacun d’entre nous est donc tenu de payer 0,50 euro par boîte de médicaments, par acte paramédical et 2 euros par trajet en ambulance. Le tout dans la limite de 50 euros par an.

 

Se faisant, le gouvernement Sarkozy avoue qu’une fois de plus il a menti aux Français. La promesse du candidat était simple : baisser les impôts. Or, que sont ces franchises médicales si ce n’est un nouvel impôt de plus qui ne dit pas son nom ? Pire - ou mieux, selon le point de vue -, cet impôt est des plus injustes puisqu’il touche non pas une catégorie socio-économique ou professionnelle mais des personnes appartenant à toutes ces catégories et sans distinction entre elles. La seule chose qui détermine si l’on doit ou non s’acquitter de ce nouvel impôt est le fait d’être malade ou non.

 

La démarche est d’autant plus scélérate qu’elle contribue à culpabiliser les malades qui n’en ont vraiment pas besoin. Et, au final, elle ne devrait rapporter que 850 millions d’euros destinés à financer non pas la Sécurité sociale mais la lutte contre la maladie d’Alzheimer. Encore une fois, les plus pauvres, qui sont bien souvent aussi les plus malades, subiront de plein fouet les effets de cette mesure.

 

Au-delà, ces franchises médicales vont à l’encontre de l’esprit social et solidaire de l’assurance maladie. Créée en 1945, son principe est simple : actifs et patrons payent par leurs cotisations respectives les dépenses de santé que les assurés peuvent avoir à effectuer. Un principe sévèrement écorné ces dernières années. Aujourd’hui, sa remise en cause est générale. Et en premier lieu par les milliards d’euros d’exonération de charges patronales qu’accorde le gouvernement chaque année. En 2006, le manque à gagner pour la Sécu s’est chiffré à 21 milliards d’euros ! Soit bien plus que le fameux « trou de la Sécu » qui n’existerait pas si le gouvernement réclamait son dû.

 

En fait, les franchises médicales rapprochent, encore un peu plus, le système français du système américain. Le premier projet du gouvernement comprenait d’ailleurs une franchise incompressible et universelle de 100 euros ou plus. Chaque Français aurait dû s’acquitter de cette somme, même s’il n’avait bénéficié d’aucun soin dans l’année concernée ! Ce projet aurait irrémédiablement conduit à la remise en cause de l’affiliation obligatoire à la Sécurité sociale et laissé libre cours aux assurances privées souhaitant assurer ces nouveaux clients potentiels. On y a échappé de peu. Jusqu’à quand ?

 

Bruno Dastillung

 

publié par unsa-sapn dans: actualités
Lundi 17 Décembre 2007

N'hésitez pas à vous rendre sur le site suivant: htpp//:www.dailymotion.com/attac92 afin de voir l'entretien de G.Filoche.

derrière le salarié il y a aussi un citoyen, pour la sauvegarde de nos droits il devient urgent de réagir.

publié par unsa-sapn dans: actualités
Mercredi 12 Décembre 2007

Retraite : ce qu’on se garde de vous dire !

 

 

 

 

 

La négociation du PERCO a relancé le débat sur l’avenir des retraites par répartition. Les femmes, qui ont déjà des pensions en moyenne inférieures de 40 % aux hommes, sont particulièrement touchées par l’allongement de la durée de cotisation et par les effets très pénalisants de la décote. En effet, à ce jour, seulement 39 % des femmes retraitées ont pu valider 37,5 ans contre 85 % des hommes.
 
Depuis 1994, pour les salariés du secteur privé les mesures entraînent, selon le Conseil de l’emploi, des revenus et de la cohésion sociale (CERC), une baisse du pouvoir d’achat de la retraite du régime général de 0,3 % par an et de 0,6 % par an de la retraite complémentaire, celui de la retraite des fonctionnaires baissant de 0,5 % par an. Ces baisses devraient se poursuivre dans le futur et le décrochage par rapport aux salaires s’accentuer. Ainsi, entre 2003 et 2030, le salaire réel moyen devrait progresser de 56 % contre 9 % pour les retraites du secteur privé. Devons-nous considérer ces évolutions comme inévitables face aux évolutions démographiques ?
 
 Il est indéniable que le nombre de retraités va augmenter de façon importante ces prochaines années. La question préalable, que le gouvernement se garde bien de poser, est la suivante : s’il doit y avoir plus de retraités, ce que personne ne conteste, faut-il, oui ou non, leur consacrer une part plus importante du revenu national ?

 La part des retraites est aujourd’ hui de 12,5 % du PIB. Si nous voulons maintenir le niveau des pensions par rapport aux salaires, elle devrait passer, selon le rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR) de 2001, à 18,5 %. Doit-on partir du postulat qu une telle augmentation n‘est pas supportable par l’économie française ? Pourtant la part des retraites a augmenté de plus de 7 points de PIB depuis 1950, sans provoquer de cataclysme.
 
 
 Pour couvrir cette évolution, il faudrait, toujours selon le même rapport, dans le pire des cas, une augmentation de 15 points du taux de cotisation à l horizon 2040, soit 0,37 point par an. Il est difficile de croire qu’une telle augmentation pourrait mettre toute l’économie à terre. De plus, comme le note le rapport de janvier 2007 du COR, qui s’appuie sur les dernières projections de l’Insee, les perspectives démographiques se sont notablement améliorées depuis les précédentes estimations. Les besoins de financement en seront donc diminués d’autant. On le voit, le catastrophisme n’est pas de rigueur.
 
 En tout état de cause, aucun nouvel allongement de la durée de cotisation ne peut se justifier. Le récent rapport du COR de novembre 2007 indique que le besoin de financement supplémentaire des retraites, avec la réglementation actuelle, ne serait que de 1 point de PIB en 2020, c est-à-dire moins que la marge d ‘erreur des projections économiques sur la période, est seulement de 1,7 point à l ‘horizon 2050 ! Pourtant le gouvernement a annoncé son intention d’augmenter encore en 2008 la durée de cotisation pour tous les salariés, du privé comme du public, le Medef proposant carrément de la porter à 45 ans.
 
 Une vision catastrophique est d’autant moins fondée qu’un rééquilibrage du partage de la valeur ajoutée, la richesse créée dans les entreprises, est tout à fait envisageable. Il n’est pas acceptable de considérer comme
pérenne la baisse très importante de la part des salaires ayant eu lieu ces dernières années (près de huit points), alors que, dans le même temps, la productivité du travail a continué de croître fortement (plus de 50 % en vingt ans).
 
Un tel rééquilibrage de la part des salaires, qu’une augmentation des cotisations patronales peut amorcer, aurait d’ailleurs des effets neutres sur la compétitivité des entreprises, s ‘il était compensé par une baisse des dividendes versés aux actionnaires.
 
 On le voit, des solutions existent, mais le gouvernement refuse même de les envisager. Ne restent plus alors que des mesures hypocrites et dangereuses, comme l ‘augmentation de la durée de cotisation. Hypocrite, car, au vu de l ‘état du marché du travail, il sera de plus en plus difficile de cumuler les annuités requises pour avoir une pension à taux plein. Les entreprises se débarrassent de leurs salariés bien avant 60 ans (
6 salariés sur 10 sont hors emploi au moment de liquider leur retraite), les jeunes entrent de plus en plus tard dans la vie active et de nombreux salariés, dont une majorité de femmes, ont des carrières discontinues et n’arrivent déjà pas à réunir le nombre d annuités demandé. L’augmentation de la durée de cotisation se traduira donc en pratique par une retraite réduite pour le plus grand nombre. Seuls ceux qui en auront les moyens pourront, à leurs risques et périls, se tourner, avec des assurances privées, vers la capitalisation, augmentant ainsi l’iniquité au lieu de la réduire.

sources : Article publié dans le Monde du 7 décembre 2007    et    Jean-Marie Harribey                                        12/12/2007

 

publié par unsa-sapn dans: actualités
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