La Banque centrale européenne (BCE) s’est engagée dans une série de hausses des taux d’intérêt par crainte, entre autres, que l’augmentation des salaires soit plus élevée que les prévisions. Cependant, l’analyse de la Confédération européenne des syndicats (CES) des conventions collectives conclues très récemment montre que la progression des salaires est tout simplement trop faible pour représenter un danger d’inflation, tant actuellement que dans les années à venir. En augmentant les taux d’intérêt, la BCE se trompe de combat et néglige le fait que la faible augmentation des revenus des salariés pourrait entraîner un nouveau recul de la croissance.
John Monks, secrétaire général de la CES, a affirmé : "Nous reconnaissons que la BCE doit combattre l’inflation si elle constitue un réel danger. Mais nous ne pouvons accepter que l’objectif de stabilité des prix soit confondu avec une politique de maintien des salaires à tout moment et à tout prix."
Selon l’étude de la CES, l’ensemble de ces accords salariaux révèle que la croissance moyenne des salaires de la zone euro est à peine perceptible. Elle passerait de 2,3% en 2005 à 2,5% en 2006, ce qui est sensiblement inférieur à l’indice, donné comme référence, de l’évolution inflationniste des salaires qui est d’environ 3,5% (objectif de 2% en matière d’inflation plus 1.5% d’augmentation de productivité).
En résumé, au-delà de 2007 et à condition que la BCE permette la poursuite de la relance, la croissance des salaires va certainement s’accélérer. Mais compte tenu que l’augmentation des salaires est trop faible pour soutenir une vaste relance et qu’elle est loin d’être inflationniste, elle doit être accueillie avec satisfaction et non avec crainte.
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